Moral post opératoire ?
Dimanche j'écrivais que je me sent "toute étrange"...
3 semaines hier que j'étais au bloc...
Je vais bien.
Quasi plus de douleurs au dos ; toujours la cage thoracique qui me rappelle à l'ordre lors de certains mouvements ; moins essoufflée (mais encore pas mal quand même) ; un rythme cardiaque qui diminue tranquilou ; je remarche tout à fait comme avant, avec ryhtme soutenu, et je monte bien les escaliers et les côtes ; je dors bien mieux (plus qu'un reveil par nuit).
Je me sent par contre tendue, irritable, émotive, et j'ai du mal à comprendre pourquoi. Je pars en vrille pour un rien ; je me transforme en fontaine pareil pour un rien...
Je devrais pourtant être zen?!
L'opération est une réussite, je vais super bien, j'ai un cheri formidable, des enfants à croquer... pourquoi ce moral en dent de scie?
Je ne me sent ni malade, ni convalescente, ni miraculée pourtant ^^
Comme je ne suis pas du genre à trop m'écouter et que j'ai soif d'apprendre et comprendre,
j'ai fais part de ma réflexion à d'autres adultes opérés cardiaques.
Que mes amis et ma famille se rassurent : je suis d'une normalité consternante! ![]()
Leurs témoignages :
"Cécile, comme tu le sais, j'ai connu moi aussi une grosse baisse de moral. Plusieurs raisons à ce mal-être. premiérement: ma tension a tété très faible pendant une semaine (8/5) et je ne progressais plus en kiné, normal tu me diras. Deuxièmement: le sentiment d'injustice face à ce qui m'est arrivé est remonté à la surface. Troisièmement: je n'arrivais plus à regarder ma cicatrice dans la glace. Quatriémement: ma femme et mes enfants me manquaient terriblement. J'ai moi aussi beaucoup pleuré, seul ou dans les bras de ma femme et j'ai dû solliciter les infirmières pour avoir une entrevue avec un psychologue. Je dois dire que cela m'a beaucoup aidé. Je l'ai revu une deuxième fois et je dois dire que maintenant tout va beaucoup mieux. Albertino"
"je me souviens que les jours qui ont suivi l'opération, je savourais chaque journée, je pouvais rester tranquille à bouquiner en me disant: c'est génial tout s'est bien passé, et tout va bien!
puis lorsque je suis rentrée , coup de grisou : oui comme toi je me sentais étrange, étrange au milieu des gens "qui se portaient bien et qui ne comprenaient pas bien mon opération", pour moi comme je te l'ai dit, il y avait eu un avant, et un après...et aussi je chialais pour un rien, comme lors du cycle menstruel...accès de tristesse, alors que mon chéri était aux petits soins pour moi, et que finalement...tout allait bien!
Cela n'a pas duré longtemps en fait, juste qq jours. Mais j'avais l'instinct "de me protéger" des autres : pas envie de voir du monde, qui allait me faire répéter pour la énième fois les étapes de l'opération....
Et maintenant, après 3 mois (hé hé le 10 juin!), je me sens tout à fait bien! Ce matin, je me suis surprise à courir dans une rue de voreppe pente assez forte, et j'ai repris mon souffle super vite! avant je n'aurais pas fait 3 foulées, et encore!!! Valérie"
"Effectivement, c'est un sentiment très bizarre.... qui m'agrippe encore aujourd' hui, en ce moment d' ailleurs. Je me sens heureuse d' être en vie, contente de profiter de chaque seconde, étonnée d' avoir pu reprendre mon travail... Et pourtant, pareil, comme une injustice d' être encore ici aujourd' hui, coincée entre l' euphorie de vivre et la tristesse d' être en vie alors que d' autres non... c'est assez étrange effectivement, et je ne sais toujours pas encore mettre de mots sur mon ressenti pendant ces moments là.
Pourtant, 1 an après, tout devrait être fini, derrière, oublié.... alors que pas du tout. Je me paye de sacrés insomnies, de vrais bon coups de fatigue avec l' impression que même une sieste ou quelques heures de sommeil n' en vient pas à bout. C' est frustrant de se voir comme ça. J' aimerai tellement retrouver une vie sans que le moral baisse de temps en temps. Ca ne m' était jamais arrivé avant ces opérations de l' année dernière et ça devient pénible de devoir faire face à tout ça maintenant alors que je vais mieux que l' année dernière qui était si dure. Flore-Anne"
"Je partage ce sentiment étrange...depuis ma première opération a cœur ouvert il y a 19 ans(j’avais 25 ans)...he he un 10 juin (1990) puis depuis les deux autres opérations a cœur ouvert, et bien entendu encore plus depuis ma greffe cardiaque il y a un peu plus de 18 mois.
Il y a bien entendu le contre-coup de l’opération. Même si tu dis que tu « as eu un soucis de santé et que tout est rentré dans l’ordre simplement », bien que tout se soit très bien passé, ton corps, lui, n’oublie pas qu’il a subit un traumatisme. Et une opération a cœur ouvert, si bien menée soit-elle n’est pas une appendicite. Il faut donc laisser à ton corps le temps de récupérer. Et comme ton corps ne peut « signaler » d’une autre manière ce traumatisme, tu en ressens les effets a travers des manifestations de trouble de l’humeur. S’ajoutent également à la tension nerveuse, à l’irritabilité d’autres facteurs : entre autre certains médicaments et leurs effets secondaires. Sous cortisone, c'est encore plus fréquent... Cette reprise de la « normalité du corps » prend jusqu'à une année, même si on va très bien, le corps reprend ses marques, s’adapte a son nouveau débit cardiaque etc..
Enfin, cette hyper sensibilité, cette sensibilité a fleur de peau qui, justement…nous colle à la peau reste inscrite en nous (qu’on le veuille ou non, et de manière plus ou moins prononcée)..
Avec le temps les choses s’estompent, mais comme pour des accidentés, il y a un avant et un après. On ne sort pas indemne d’avoir côtoyé la mort. Et toutes les questions, les angoisses (dites ou on) avant l’opération se déclinent maintenant d’une autre façon ; surtout quand on a été opérés plusieurs fois, et qu’entre temps d’autres sont morts, ou ont eu des complications. Agnès"
"C'est vrai que c'est assez bizarre en fait, on va bien sur le plan physique (récupération, douleur ...) et le moral est pas au top. Quand je suis rentrée chez moi, j'étais super heureuse et en même temps, j'ai fait vivre un calvaire à mon chéri. Je pleurais pour un rien, ne voulais rien ... Pour moi les autres ne pouvaient pas comprendre ce que j'avais vécu et je le pense encore actuellement.
Et puis, j'ai repris le travail (ça m'a fait du bien)...et mon père est tombé malade, j'ai donc arrêté de penser à ma petite personne pour profiter de lui un maximum.
Je pense que tout les opérés passent par cette phase. C'est plus ou moins intense mais c'est le corps qui s'exprime. Avec le temps, ça s'efface tout doucement. Nathalie"
Donc en résumé : TOUT VA BIEN, ça passera
Pas de panique!
Soyez juste un peu patients...
J'édite cet article car j'ai trouvé un complément d'information dans le petit magazine du crédit agricole : dossier familiale de mai 2010.
" Le mur des défenses émotionnelles s'éffondre et nous assistons à la résurgence de traumatismes anciens - deuil, abandon, etc-dans un climat de sous-activité physique et de suractivité psychique déstabilisantes.
Il n'est alors pas rare de constater des troubles du sommeil ou de l'apetit en lien avec ces angoisses.
A leur retour au domicile, sortis de cet environnement médicalisé protecteur, ils se heuretent soit à une attitude de surprotection de l'entourage, soit au contraire à une négation de leur vulnérabilité.
Pour toutes ces raisons, après un séjour en réadaptation cardiaque, des séances de soutien psychologique peuvent être prescrites dans les mois qui suivent. Elles sont mises à profit pour consolider le rétablissement psychique et installer de nouvelles priorités, comme une lacher prise sur les plans professionnel et personnel. Plus le patient a été surpris par la maladie, plus cette depression reactionnelle est nette et frequement observée. le conjoint et le patient doivent s'y preparer"
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