Magazine La Recherche n°459 janvier 2012
Lu dans la salle d'attente de l'orthodontiste de mes enfants... et commandé via le net avec d'autres numéros des plus intéressants!
Surveillez bien la cardiologie : cette discipline sera prochainement marquée par les résultats d'essais cliniques très inovants conduits par des équipes françaises.
Premier jalon : la greffe d'un nouveau type de coeur artificiel sur des patients courant 2012.
Cette mécanique de pointe qui révolutionne la prothèse cardique, est impatiement attendue : en Europe et aux Etats-Unis, 4000 coeurs seulement sont disponibles pour 100 000 patients.
Deuxième jalon, en 2013 : l'utilisation des cellules souches pour traiter l'insufisance cardiaque, et soigner ainsi, à terme, des dizaines de miliers de victimes d'infarctus.
1- Le défi du coeur artificiel
Une société française s'apprête à implanter un coeur artificiel sur l'homme. Très innovant, il est conçu pour éviter la formation de caillots sanguins et s'adapter à la physiologie du patient.
Fabriquer une prothèse cardiaque capable de remplacer un coeur humain défaillant : ce casse-tête technologique mobilise les cardiologues du monde entier depuis plus d'un demi siècle.
Compte tenu de l'incertitude que représente l'implantation sur l'homme de cette nouvelle prothèse cardiaque, le bilan entre les bénéfices rendus et les risques encourus par le malade doit être maximal. Le nouveau coeur sera donc d'abord implanté à 4, 5 ou 6 volontaires pour qui il doit constituer la seule option thérapeutique. Il s'agira de patients dont le pronostique vital est engagé à très court terme et qui ne peuvent pas être transplantés. Si les résultats sont concluants, un deuxième essai impliquera une vingtaine de patients transplantables et de meilleur pronostique.
Je vous encourage à vous procurer le magazine afin de lire l'article (de plusieurs pages) dans sa totalité.
Les grandes étapes :
1957 : des chirurgiens américains réussissent à maintenir en vie un chien en lui implantant un coeur en plastique qui fonctionne à l'air comprimé : il survivra près d'une heure et demi.
1962 : à Houston un chirurgien implante un appareil qu'il place en dérivation sur le coeur d'un malade pendant 8 jours : le patient survivra ensuite une dizaine d'années avec son propre coeur.
1967 : Au Cap, un chirurgien parvient à prélever un coeur humain et à le greffer à un patient âgé de 55 ans : il survivra 18 jours avant de mourrir d'une double pneumonie.
1969 : à Houston, des chirugiens implantent un coeur pneumatique à ventricules sur un malade en attente de transplantation : il survivra 64h avant d'être transplanté.
1982 : à Salt Lake City, un chir implante un malade avec le coeur artificiel total Jarvik-7 : il survivra 112 jours, ce qui sera considéré comme un échec. Après d'autres échecs le programme sera abandonné.
2001 : implantation sur l'homme de l'Abiocor, un coeur artificiel total en titane et plastique biocompatible : 13 patients seront opérés, l'un d'eux survivra 512 jours, mais la moyenne n'est que de 5.3 mois.
2004 : les USA autorisent la commercialisation du coeur artificiel CardioWest, une évolution du Jarvik-7, mais uniquement pour les patient en état de mort imminente et en attente de transplantation.
2-Comment immiter le coeur humain
Le coeur artificiel élaboré par la société Carmat allie des éléments mécaniques miniaturisés, des équipements d'électronique de pointe et des matériaux biocompatibles.
principe de fonctionnement :
10 éléments principaux composent le coeur artificiel élaboré actuellement en région parisienne : 2 ventricules dotés d'une membrane souple, 4 valves, 2 motopompes, un système de régulation électronique et un raccordement électrique.
Seules les batteries ne sont pas implantées. Tous les matériaux sont biocompatibles, et hémocompatibles pour ceux qui sont en contact avec le sang.
Pour vérifier sa fiabilité les ingénieurs le soumettent à une stratégies de tests drastiques sur bancs d'essais inspirés du secteur aérospatial.
